• Ah ! bon ! Mais pourquoi les femmes tsiganes n'aiment pas manger le hérisson ?

    Le roi perdu            

     

     

     

     

           Un roi tsigane alla se promener dans une épaisse forêt. Il s’y promena si bien qu’il s’y perdit.

    Rien à faire pour retrouver son chemin. Et voilà le roi affolé qui crie, se désespère ; il se croit déjà mort, de froid, de faim, ou bien dévoré la nuit par des bêtes féroces.

    Tout à coup, une petite voix se fit entendre, celle d’un hérisson posé près d’un taillis.

    - Grand roi, si tu le veux, je te montre ta route. Mais à une condition.

    - Laquelle hérisson, laquelle ? Je suis prêt à tout ! Tu auras autant d’or que tu le désires…

    - Je ne veux pas d’or, grand roi, mais seulement la main de ta fille.

    - Quoi ?

    Le roi eut beau s’indigner, le hérisson n’en voulut pas démordre. Et le roi avait tellement peur qu’il accepta finalement le marché :

    - Je te donne ma parole d’honneur : tu épouseras la princesse.

    Le hérisson se mit en marche ; l’un guidant l’autre, ils arrivèrent tous les deux au château.

    Là, jugez de la scène : la fille du roi qui crie tout ce qu’elle sait, qu’elle n’épousera pas un hérisson, il n’en est pas question ; le roi qui réplique en disant qu’il a promis et qu’il n’est pas question non plus de revenir sur sa parole, etc. etc.

    Après cette dispute, la princesse fut tout de même obligée d’obéir aux ordres de son père. Ce dernier organisa les noces sur-le-champ, les célébra lui-même, offrant aux jeunes mariés, et le pain et le sel.

    Tous les Tsiganes invités, une fois leur première surprise passée, mangèrent, et burent, tout en riant et en chantant, félicitant les nouveaux époux. Des violons menèrent le bal… Seule la fille du roi pleurait, pleurait, pleurait…

    Mais voilà tout à coup, ô miracle, qu’aux douze coups de minuit, le hérisson disparut, s’évanouit, et qu’à sa place surgit un beau jeune homme !

    C’était le prince d’un pays voisin. Il expliqua qu’une fée mauvaise lui avait jeté un sort : il resterait hérisson jusqu’au moment où une princesse accepterait de le prendre pour époux !

    La princesse sécha ses larmes, son visage s’illumina de joie, la fête redoubla d’ardeur.

    Tout est bien qui finit bien.

    Depuis ce temps là, si certaines jeunes Tsiganes continuent de manger du hérisson, parce que c’est bon, d’autres refusent, au contraire, car elles ne veulent pas prendre le risque de dévorer leur prince charmant.

     

     

    In, Mille ans de contes Tsiganes, Bertrand Solet, Éditions Milan

     

     

    Une princessse sur Imageshack (maizagatti)

     

     

    Mis à jour le 30/05/2009

     

     

     

    Liens :

    * Le niglo, hérisson des Tsiganes : http://filsduvent.kazeo.com/?page=article&ida=485047

    * La page consacrée à Bertrand Solet sur Filsduvent.kazeo : http://filsduvent.kazeo.com/?page=article&ida=485315

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  • Commentaires

    1
    biribibi
    Mardi 23 Juin 2009 à 07:00
    Une bien belle histoire de tradition, j'ignorais que le h?sson ?it comestible, mieux vaut en effet ?ter de croquer le prince cach?ans chaque homme.
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