• Beau portrait d'une Rom sur 20minutes.fr : Mihaela Zatreanu

     

    La route d'une Rom

     

     

              Mihaela Zatreanu est rom. C'est à ce titre que, petite fille, en Roumanie, elle devait poser son manteau à droite au fond de la classe, quand les autres enfants accrochaient les leurs de l'autre côté. « La maîtresse avait peur que nos affaires propagent des microbes », raconte la jeune femme de 36 ans. C'est aussi à ce titre que, pendant des années, les rares enfants qui lui adressaient la parole ne l'apostrophaient que par des « Hey, Gipsy ! » Mais l'épisode le plus humiliant pour Mihaela fut ce jour où, un enfant ayant égaré son stylo, la maîtresse a fait venir les sept Roms de la classe au premier rang, a demandé à chacun s'il l'avait volé, avant de les obliger à enlever leurs chaussures et de les vérifier une à une, sans rien trouver.

    Mihaela, la cadette d'un couple d'agriculteurs, vit alors dans sa communauté, regroupée à la périphérie du village de Maglavit, dans le sud-ouest du pays. On n'y parle que la langue rom, et peu de Roumains s'aventurent jusque-là. De retour chez elle, la petite fille raconte la scène à son père, lequel répond : « Il faut l'accepter, les Roms sont inférieurs. » « Je l'ai cru et j'ai accepté cette idée », sourit-elle. Il lui faudra des années avant de s'en défaire. A 16 ans, elle est la première Rom de sa communauté à intégrer une grande école, à Bucarest, où elle découvre avec surprise qu'on y enseigne sa langue et que sa communauté n'y est pas mal perçue. Elle ne redoute pourtant qu'une chose : parler sa langue natale pendant son sommeil et trahir ses origines.

    La chute du communisme en 1989 bouleverse un peu la donne avec l'éclosion des organisations militant pour les droits des Roms. Mihaela ne rate aucun meeting. Débarrassée de ses complexes, elle devient prof de rom puis consultante auprès du ministère de l'Education et du Conseil de l'Europe.

    La dernière fois qu'elle est venue chercher son fils de 4 ans à la maternelle, l'instituteur était en train de passer un savon à un enfant qui s'était mal comporté et qui pleurait : « Ne réagis pas comme ça ! Seuls les Gipsy font ça ! Tu en es un ? » Elle n'a pas relevé. « Ça ne servirait à rien. »

     

    Merci à Faustine Vincent, auteure de cet article tiré de 20minutes.fr, en date du 12/09/2007. Et merci Mihaela d'être passée... pour rectifier ses coordonnées. Dans la lignée des grandes dames. Lots of kisses   

     

    C'est bien souvent à l'école que les discriminations débutent

     

     

     Dernière mise à jour : le 24/02/2015
     

     

    Liens :

    * Pour contacter Mihaela Zaetranu : mihaela.zatreanu@gmail.com

    * Les Tsiganes, le groupe le plus vulnérable au racisme dans l'Union Européenne : http://filsduvent.kazeo.com/non/Victimes-du-racisme-avant-les-autres,-les-roms-%28tsiganes%29,a485431.html

    « Annonces pêle-mêle, chinons de conserve" Dosta ", campagne de lutte contre les discriminations dont les Roms sont l'objet »

  • Commentaires

    1
    visiteur_Mihaela
    Dimanche 30 Septembre 2007 à 15:10
    Hello everyone! I had a look to the portrait and I descovered that my mail address is not the right one, please send me your comments at: mihaela.zatreanu@gmail.com
    Merci! Mihaela Zatreanu
    2
    Caillie
    Mercredi 19 Décembre 2007 à 09:21
    Message sur 20minutes.fr, l'actualité zapping :

    Encore un message effacé ! Les lecteurs de 20minutes.fr ont du mal à supporter les différences. Cela augure mal de l'avenir... Un gros tchoum à Mihaela même s'il est provisoire. Mon coeur, lui, sait ton nom et ton combat. Fils du vent sans pays
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