• A ROUBAIX, QUARTIER DU CUL DE FOUR

    La misère des Roms ébranle le quartier

    Publié le vendredi 16 janvier 2009 à 06h00 (un article de Nordeclair.fr)

     Nasser, bénévole de toujours dans le quartier, apporte à manger aux Roms plusieurs fois par semaine.

    Depuis plusieurs mois, une vingtaine de familles Roms campent dans le quartier du Cul de Four. Des conditions de vie qui ont révolté certains habitants qui depuis les aident en leur apportant nourriture et vêtements.


    DELPHINE POMMIER
    delphine.pommier@<wbr title="mailto:delphine.pommier@nordeclair.fr" />nordeclair.<wbr title="mailto:delphine.pommier@nordeclair.fr" />fr

    Des sourires d'espoir dans la misère


    Ça se passe juste sous notre nez. Au bout de la rue de Flandres, en plein coeur du quartier du Cul de Four. Ils vivent là, dans des caravanes insalubres, entre les déchets. Une vingtaine de familles Roms.

    Nasser et Dabia habitent au Cul de Four depuis toujours. Lui, est rmiste, elle, est sans emploi. Révoltés par cette situation, ils ont décidé d'aider ces familles, « parce qu'il y a plus pauvre que nous ». Le début d'une solidarité qui va s'intensifier.

    Avec l'aide d'habitants, de commerçants et d'associations Nasser et son épouse leur apportent à manger : « Deux à trois fois par semaine . » Des repas qu'il achète grâce aux dons et aux prix avantageux que les commerçants lui font. « La boulangerie Baitar de la rue Daubenton nous fait les baguettes à 35 centimes. On en prend entre 60 et 80. La boucherie aussi nous
    fait un prix », énumère Nasser qui venait, hier, de récupérer trois caisses de clémentines du marché Voltaire. Sans oublier les couvertures données par des habitants ou des associations.


    L'aide ne s'arrête pas là. Il n'est pas rare que les enfants frappent à la porte de Nasser. « Un jour, ils sont venus pour m'avertir que leur mère était malade, en fait elle était en train d'accoucher. » Nasser a prévenu in extremis le SAMU. Pas plus tard qu'hier, un enfant s'est brûlé les fesses sur un poêle. Rien de très grave heureusement. Un peu de Biafine® et il ne
    devrait plus rien paraître... « Ça aurait pu être pire ! » « Je tiens à remercier tous ceux qui nous apportent leur aide », insiste Nasser. Parmi les associations, deux viennent de le rejoindre : Wasquehal Alzheimer et Wasquehal aide humanitaire.

    « La mairie ne fait rien »


    Des remerciements par contre, Nasser n'en a aucun pour la mairie de Roubaix qu'elle accuse de ne rien faire. « Le maire ose dire lors des voeux, qu'à Roubaix, on ne veut aucune précarité. Tout ça, ce ne sont que des paroles », lance-t-il, amer. « J'ai demandé à avoir les clés de la salle de sports pour permettre aux enfants de s'y laver. On m'a dit non. J'ai demandé qu'une
    benne soit installée pour éviter que ne s'amoncellent les détritus. » Deux demandes qui n'ont pas trouvé écho auprès de la mairie. « Si on installe des bennes, ça va empirer la situation. Sachez cependant qu'Esterra passe régulièrement pour ramasser les dépôts sauvages », assure Pierre Dubois, adjoint au maire. Hier, Esterra n'était apparemment pas passé depuis plusieurs jours. « Les solutions sont métropolitaines », ajoute Pierre Dubois.
    Magid Hsaini, adjoint et maire des quartiers Nord précise qu'un terrain d'environ 1 000 m², quai de Wattrelos, pourrait être utilisé pour les gens du voyage... mais pas avant 2010.


    Une réponse qui ne devrait guère satisfaire Nasser qui en appelle encore à la solidarité des gens du quartier. En attendant, la vie - difficile - continue au bout de la rue de Flandres. Contact : 06.16.03.74.<wbr />62

     

    Article de http://nordeclair.fr en date du 16/01/2009

    8 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique