• Des amulettes, gris-gris chez les Tsiganes

     

    Les amulettes : pouvoir de la magie chez les Tziganes

     

     

    " Elle [la femme tzigane] cherche aussi à protéger ses enfants et la population indigène au moyen d'amulettes, et à tirer profit de cette fabrication. La plupart des amulettes consistent en un petit sachet à porter sur la poitrine. Les gens du pays en achètent volontiers, parce que consacrée par la femme tzigane, l'amulette passe pour posséder une vertu spéciale. Pour les enfants on fait des talismans avec de la pâte et des cailloux ; ils doivent procurer de l'argent et le bonheur en amour ; ils se portent autour du cou. Quand bien même la richesse ainsi espérée ne se réalise pas plus tard, le prestige de l'amulette reste intact. Rien ne peut ébranler la croyance en ses vertus. Si un enfant entouré de ces protections vient pourtant à mourir, sa mère conservera l'amulette qu'il a portée ; qui sait si, après sa mort, l'enfant n'est pas l'objet de quelque maléfice ? Personne ne jette une amulette. Je n'ai pu m'en procurer une que par ruse et avec le concours de plusieurs étrangers. Elle avait été " consacrée " suivant les formules tziganes et possédait sa vertu. Le profane qui l'ouvre subira les redoutables conséquences de la malédiction attachée à son intervention. Je ne l'ai pas ouverte jusqu'à ce jour, non pas que je redoute rien, mais pour pouvoir la garder comme pièce de musée, dans toute sa valeur magique originelle. Que peut-elle contenir ? Comme presque toujours apparemment, l'assemblage de quelques racines, cailloux, tessons et herbes. Un agent particulièrement agissant serait le sucre imbibé de lait de femme. De petits coquillages, des coques d'escargots font durer le bonheur et conjurent les accidents les plus ordinaires. Les femmes enceintes se suspendent autour du corps des dents d'enfants et des griffes d'ours, afin de donner le jours à des rejetons bien portants. Le "sang de neuf frères" est une panacée ; on le fait bouillir et on le boit. Cela consiste le plus souvent en un mélange de neuf herbes distinctes, parsemées de cailloux et d'éclats de verre ; cela s'achète et se vend dans les foires de petites bourgades. "

    p.p. 185-186 In, Moeurs et coutumes des Tziganes, de Martin Block, Payot, 1936

     

     

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    Gris-gris des gadje, époque contemporaine (anathema.soulsrpg.com)

     

      

      


     

      

      

     

    Liens :

    * L'ouvrage de Martin Block, Moeurs et coutumes des Tziganes : http://filsduvent.oldiblog.com/?page=lastarticle&id=1044348 (lien caduque au 24/02/2016 : rechercher "Block" sur le site)

    * La page suivante, croyances en poulaillers : http://filsduvent.oldiblog.com/?page=lastarticle&id=1882429 (lien caduque au 24/02/2016 : rechercher "poulaillers" sur le site)

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