•  

     

    Raya la Tzigane

     

     

      Née au fond d'une roulotte, sur une route d'U.R.S.S., sa vie est un conte de fée.

    Cependant, elle a commencé d'une manière tragique, Raya ayant perdu ses parents alors qu'elle était âgée de quelques mois. Ses cinq sœurs, toutes ses aînées, se chargent d'elle, mais, dans la région de Koursk, Raya est « récupérée» par le directeur d'une maison d'orphelins où elle passe ses premières années. Mais la petite Tzigone rêve de liberté. Un jour, Raya se retrouve seule sur la route, tel un petit chien errant, mangeant des fruits sauvages et dormant à la belle étoile. Puis, elle arrive dans une ville ukrainienne et s'offre à aider une patronne de restaurant qui la paye très mal.

    C'EST là que commence le conte de fée. La troupe théâtrale tzigane de Moscou donne une représentation dans la ville où elle se trouve et une de ses amies l'invite à aller l'applaudir - Malheureusement, Raya ne possède pas de vêtements décents. Mais la bonne fée 'Veille Sur la petite fille... Sa patronne l'a envoyée faire une course et Raya passe devant le théâtre. Les Tziganes sont devant la porte, ils interpellent Raya. Le directeur arrive lui aussi et reconnaît en Raya une pure Tzigane et, apprenant l'infortune de la fillette lui conseille d'entrer par l'entrée des artistes pour assister au spectacle. De ce fait, les modestes vêtements n'ont plus d'importance !

    Le soir de la représentation, Raya est fascinée. Le directeur lui propose de l'emmener. Raya, pleurant de joie, réunit ses affaires en un maigre baluchon et suit la troupe. On lui apprend à lire. De rôle en rôle, elle finit un soir par remplacer l'actrice principale, malade ce soir-là. Elle entre en scène malade de trac. Elle en sort couverte de fleurs et de bravos.. Une grande actrice est née. Durant six ans, au sein de la troupe, elle travaille avec acharnement le chant et la danse. Puis, viennent les propositions : émissions de radio et de télévision soviétiques. Enfin, elle est sacrée « vedette » sous son véritable nom : Raïssâ Oudovikova.

    C'est alors une succession de tournées et de films. A Moscou, un jour, Raya est interviewée par un beau Norvégien mi-étudiant, mi-journaliste.. II devient très vite son mari et parvient à la convaincre de venir à Paris.

    C'est à Omar Sharif, qui la remarque à Deauville, lors d'un gala, qu'elle doit l'enregistrement de son 33 tours typiquement tzigane.

    En mars 1971 Raya remporte le premier prix du festival tzigane de Londres, Dans le milieu du spectacle, tout le monde est persuadé que c'est là le début d'un très long succès, et nous sommes certains que Raya ne tardera pas à gagner à Paris comme elle l'a déjà fait dans plusieurs grandes villes, ses galons de vedette.

     In, Ivanhoé, mensuel pour la jeunesse n°145, mars 1972

     

     

    Qu'a bien pu devenir Raya ? Le conte de fée s'est-il poursuivi jusqu'à aujourd'hui ? A-t-elle de nombreux enfants dans un petit nid douillet avec son "beau Norvégien" ? C'est tout le mal que l'on lui souhaite ! D. Toulmé le 16 juillet 2009

     

     

     

     Mise à jour effectuée le 12/02/2015

     

     

    Liens :

    * Un femme qui a eu un tout autre destin : papusza la poétesse : Bronislawa Wajs, poétesse maudite

    * Les contes de fée existent aussi chez les Tsiganes, en doutiez-vous ? : Le roi perdu, conte tsigane


    10 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique