• Les Bohémiens, conté par Francisque Michel

     

    Les Bohémiens (1864)

     

     

        Dans la nuit du 6 décembre 1802, époque fixée par l'arrêté du préfet, tous les bohémiens du Pays basque furent enveloppés comme dans un filet, et conduits dans quelque dépôt ou à bord de vaisseaux qui les débarquèrent sur la côte d'afrique. Cette mesure vigoureuse, qui reçu dans son exécution tous les adoucissements que la justice et l'humanité réclament, dit un écrivain de l'époque, fut un véritable bienfait pour le département.

        Depuis ce moment, les bohémiens du Pays basque n'ont plus de classification sociale, ni même d'association réelle. Dispersés çà et là, le besoin seul les groupe au hasard, par petites troupes, sans qu'aucun lien les unisse. Dans certaines circonstances exceptionnelles, quand il s'agit de quelque danger commun ou de quelque expédition importante pour exploiter, en temps de disette, certaines localités, ils s'organisent par bandes ; et, dans un double but facile à saisir, ils placent au premier rang, les mauvais sujets, les voleurs, les repris de justice étrangers à leur caste, toujours ouverte à ceux qui ont des raisons pour ne pas se montrer ; le plus audacieux, le plus rusé des bohémiens est proclamé chef ou roi, et sa compagne reçoit le titre de reine*. Puis, la nécessité cessant, ils se dispersent de nouveau et continuent leur vie errante et vagabonde, qui n'est pas qu'un tissus de vols, d'oisiveté et de honteux désordres. Chien qui court trouve un os : voilà leur maxime.

        Il ne leur reste plus aucun souvenir du passé : chez eux point de tradition historique, aucune autre idée que celles qui sont nécessaires à leur existence dégradée. Ils vivent au jour le jour, sans penser à Dieu ni à leur âme ; ils se rient, du moins dans la pratique, de la distinction qui existe entre le vice et la vertu ; l'honneur, le respect humain sont sans pouvoir sur eux ; en un mot, le bohémien basque est l'être le plus fourbe et le plus soupçonneux, le plus rampant et le plus éhonté de la création.

        Avez-vous vu dans les rues et sur les chemins des femmes au tein noir, affublées de haillons, entourées d'enfants à demi nus qui se précipitent sur les passants en leur tendant la main ? Ce sont des bohémiennes. Rarement des hommes les accompagnent, et ceux-ci sont assez bien vêtus. Pour peu que vous poursuiviez votre promenade vers les sentiers détournés, à la nuit tombante, vous rencontrerez aussi dans les endroits isolés un groupe d'êtres à forme humaine, hommes, femmes, enfants, les uns étendus dans la boue, les autres accroupis sur leurs talons dans l'occupation du mendiant de Murillo ; quelques femmes préparent, dans un vieux chaudron volé, l'horrible mélange de légumes et de viandes fraîches et corrompues de toute espèce qui doit servir de pâture à la horde, bien digne d'un pareil festin. Souvent, en effet, ils empoisonnent le bétail et se font ainsi un ample butin ; d'autres fois ils ramassent les animaux morts de maladie, n'importe laquelle, les désinfectent au moyen d'herbes à eux seuls connues, et s'en repaissent impunément. Tout leur est bon, rien ne leur répugne, rien ne leur nuit.

     

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    Le Jeune Mendiant, Murillo, 1650

     

        Essentiellement ennemi de tout travail, du bon ordre et des lois qui mettent un frein à son indépendance bestiale, le bohémien oppose une résistance insurmontable aux efforts qui tendraient à lui faire embrasser une existence sédentaire. Au cynisme de Diogène, il joint une opiniâtreté invincible. Les bohémiens de Saint-Jean-de-Luz, connus dans le pays sous le nom de Cascarots, forment cependant une exception, peut-être unique, à cette règle. Ils ont commencé par se faire pêcheurs, profession de toute la population de la côte ; et, après avoir partagé ses travaux et son commerce, ils ont fini , de part et d'autre, par des mariages, en sorte qu'aujourd'hui les bohémiens sont incrustés dans la population de Saint-Jean-de-Luz, qui n'y a point gagné en moralité.

        Adulateur et rampant auprès de ceux qui peuvent le servir ou lui nuire, le bohémien est implacable dans ces vengeances. Modéré et doux en apparence et par nécessité, il ne se fera pas le moindre scrupule de verser le sang au gré de quiconque, lui garantissant l'évasion, pourra lui payer le crime. Il court tous les marchés, toutes les foires du pays, et tandis que les femmes exploitent les poches et les boutiques, les hommes guettent, sur la place aux bestiaux, les affaires qui s'y concluent. Le vendeur n'est plus perdu de vue ; malheur à lui s'il s'attarde ou se retire seul ou avec un unique compagnon ! Il est assailli, assommé et dépouillé dans l'un des mille sentiers déserts de la montagne.

        L'argent sert aux bohémiens à satisfaire leur goût prononcé pour l'ivrognerie : hommes femmes, enfants s'y livrent publiquement en toute occasion ; ils en trouvent les moyens dans le gain qu'ils font à tondre les mulets, industrie à laquelle ils joignent la fabrication des chapeau de paille et des paniers. Plus communément ils pourvoient à leur subsistance par la mendicité et le vol, et s'habillent de guenilles de toute couleur et de toute forme qu'ils peuvent obtenir. Leurs demeures sont, pendant les plus rigoureuses saisons, les troncs d'arbres creusés, les cabanes de pasteurs abandonnées, les granges isolées ; et durant les saisons plus tempérées, le sol nu et le grand air.

        C'est là que le médecin philanthrope vient les trouver lorsqu'ils sont malades. Autrefois ils avaient plus d'un belle recette pour se guérir, eux et les autres, et ils ne s'adressaient presque jamais à la médecine, s'abandonnant à la nature et à leur bonne constitution ; aujourd'hui, ils ont recours à la science et à l'humanité de leurs semblables, et ceux-ci sont rarement sourds à leur appel. Pour n'en citer qu'un seul, M. le docteur Bidegarray, de Garris, Près de Saint-Palais, est en quelque sorte la providence des bohémiens.

        Parlerai-je de leurs unions ? En réalité, ils ne connaissent aucun lien de mariage. Un homme et une femme se conviennet-ils, les voilà réunis. Ils se doivent fidelité tant qu'il n'a point été fait notification de divorce par l'un des conjoints à l'autre ; mais à la moindre dispute ils se séparent : " Je ne veux plus de toi, dira l'un, je vais chercher une autre compagne. - Je vais en faire autant ", répondra l'autre, et bientôt de nouvelles unions ont lieu sans autre formalité et sans rancune. Lorsqu'un bohémien est en prison, qu'il ait des enfants ou non, sa femelle prend un autre mâle pendant le temps de la détention. Lorsque le prisonnier est rendu à la liberté, il reprend ses premières habitudes, ou il en contracte de nouvelles. Au surplus, leur fidelité consiste à vivre sous le même toit, sans nulle autre exigence. Ainsi une bohémienne bien connue dans le canton de Saint-Palais a eu sept maris ; ainsi, la mère s'associe au mari de sa fille, et vice versa. Il n'y a de dispute, en pareille occasion, qu'entre les femmes, et seulement encore quand l'une d'elles peut soupçonner que son mari l'a laissée par suite des artifices d'une rivale ; car lorsque la séparation a eu lieu pour incompatibilité de caractère, chacune des parties se détache de l'autre sans animosité, sans humeur ; ils se deviennt étrangers absolument comme avant leur union, et pourront plus tard se réunir encore si les circonstances les y amènent. Après cela il est difficile de supposer que l'amour conjugal puisse exister chez eux ; nul doute que l'instinct et la passion ne les guident plus que le coeur. Quand le bohémien, couché sur la terre, arrive au moment où il doit y rentrer, sa femme pleurera sans doute, mais c'est de se voir privée d'un appui, absolument comme dans ce fragment de myriologue grec : " Le bohémien est à l'agonie ; la bohémienne pleure et dit : tu meurs, mon mari. Et notre enfant, où vivra-t-il ? "

        Ces vers se rapportent d'autant mieux aux bohémiens du Pays basque, qu'ils tiennent beaucoup aux enfants, soit aux leurs, soit à tous ceux de la tribu indiféremment. C'est, en effet, là l'espoir de la perpétuité de leur caste.

        Pour ce qui est de la religion, les bohémiens n'en ont généralement aucune ; vivant d'une vie toute matérielle et brutale, leurs pensées ne s'élèvent pas au-dessus des besoins et des sensations naturelles. Cependant ils sont tous baptisés, et même plus d'une fois ; mais c'est calcul de leur part et un nouveau moyen de vivre aux dépens d'autrui. Ils savent que dans le pays on regarderait comme un acte condamnable le refus de servir de parain et de marraine ; ils n'ignorent pas non plus que cette qualité est prise au sérieux par les paysans : aussi une bohémienne, au moment de ses couches, s'installe dans le village et jette son dévolu sur les plus riches propriétaires de l'endroit. Ceux-ci dès lors, suivant l'usage, pourvoient à la nourriture de la mère et fournissent le linge pour le nouveau-né. Ainsi, chaque enfant, à sa naissance, procure à sa mère de meilleurs vêtements, des secours indispensables, et plus tard il aura lui-même, auprès de ceux qui l'auront présenté sur les fonts baptismaux, abri et nourriture de temps en temps et dans ses nécessités les plus pressantes.

        Il est bon d'ajouter cependant que les Basques éprouvent une répugnance infinie à tenir sur les fonts un de ces enfants. " Pendant tout le temps que j'ai habité la basse Navarre, me dit M. le vicomte de Belsunce, je n'ai vu que Mme G., de Garris, marraine d'une petite bohémienne, dont la mère était accouchée à sa porte. Encore cette dame, dont le mari est basque, était-elle béarnaise. "

        Les bohémiens domiciliés dans les communes, et il y en a beaucoup, envoient leurs enfants à l'école communale ; considérés comme indigents, ils ne paient aucune rétribution. Là, ils apprennent studieusement à lire et à écrire, sans rien négliger de ce que l'on enseigne dans les écoles primaires. Les parents comprennent de quel avantage ces connaissances acquises leur seront plus tard. Garçons et filles suivent l'école et le catéchisme jusqu'à l'âge de la première communion, qu'ils font comme les autres enfants de l'endroit. Une fois la cérémonie terminée, ils sortent de l'église pour n'y plus rentrer. Les garçons attendent l'âge de dix-huit ans pour se marier à leur guise ; les filles, plus précoces, commencent immédiatement leur vie de dévergondage. Que si l'enfant de bohémiens nomades est élevé de même, il prendra infailliblement son vol vers la forêt dès que les ailes lui seront venues : Aitzean yaiac, aitzerat nahi ; qui est né dans le bois, aime à y revenir.

        On s'est demandé longtemps, on se demande encore ce que les bohémiens du Pays basque font de leurs morts. En les voyant muets à toutes les questions qu'on leur fait à cet égard, et si peu dégoûté de la viande corrompue, on est allé jusqu'à supposer qu'ils mangeaient les restes de ceux d'entre eux qui vaient succombé ; mais en vérité, c'en est trop, et il ne paraît pas que les descendants des parias de l'Inde se soient jamais rendu coupables d'une telle énormité. Il est bien vrai de dire qu'on les voit rarement réclamer l'assistance du fossoyeur et une place dans le champ du repos ; mais la raison en est bien simple. Ils ne hantent jamais les endroits habités qu'en bonne santé et dans le but de s'y livrer aux diverses industries qui leur sont familières. Là, si la mort vient les surprendre, ils suivent la loi commune et, toutes les formalités remplies, ils prennent le chemin du cimetière. Que si, au contraire, ils meurent dans un champ, dans un bois, leurs compagnons, peu curieux de se présenter aux autorités locales, et de subir un interrogatoire qui pourrait, dans certaines circonstances, se terminer par une arrestation, se hâtent de livrer à la terre les restes qu'elle réclame, et sont ensuite muets comme la tombe qu'ils ont fermée. N'ont-ils point à craindre que la justice, apprenant ce qui c'est passé, ne leur demande un compte rigoureux ?

        Faisons observer, cependant, que bien qu'ils habitent ostensiblement et légalement des villages depuis nombre d'années, bien que leurs enfants soient,en partie du moins, enregistrés, et qu'ils satisfassent aux exigences de la loi, il faut que la maladie les prenne dans l'âge où l'on compte ordinairement sur la nature pour la guérison, ou que la mort les surprenne inopinément, pour qu'on les voie au cimetière. J'ai vu dans plusieurs localités, me disait M.le vicomte de Belsunce, longtemps maire de l'une d'elles, j'ai vu des hommes et des femmes d'un grand âge, que la génération présente avait toujours connus vieux, disparaître tout à coup et sans retour. C'est chose commune, et pourtant jamais laboureur dans son champ, jamais voyageur sur les chemins, jamais pâtre ou chasseur dans la montagne, n'ont vu la trace d'une fosse. C'est ce qui a donné naissance à cette opinion accréditée chez les gens de la campagne, que le bohémien disparaît, on ne sait ni comment ni pour où, mais qu'il ne meurt jamais. Grellmann aurait-il raison ? ou serait-il vrai, comme le prétendent certains, que ces gens-là détournent le cours de quelque ruisseau pour le temps de creuser une fosse, par-dessus laquelle ils le font repasser ensuite ? Une pareille inhumation ne laisse aucun vestige, et c'est ainsi que fut enterré Attila, qui avait suivi, pour venir en Europe, le même chemin que les bohémiens.

    Tels sont les détails que nous avons pu recueillir sur les bohémiens du Pays basque.

     

    * Il n'en a pas toujours été ainsi, et il faut quelques qualités spéciales pour mériter ce titre ; car le roi et la reine de cette caste en sont les protecteurs obligés, les défenseurs, les receleurs et les trésoriers. Ils ont aussi une plus forte part dans le partage du butin. L'une des conditions pour la royauté est d'avoir des aboutissants, de l'influence auprès des hommes de robe. En 1848 encore, la reine des bohémiens était la vieille Catina Béhasque, du village de Méharin, dans la basse Navarre, et le roi habitait le Guipuzcoa. Cette femme, rusée et douée d'une assurance unique, avait usurpé le nom honorable de Bénasque, avec la prétention d'être fille naturelle d'un membre du tribunal de Saint-Palais.

     

     

    Francisque Michel, Le Pays basque, Firmin-Didot, Paris, 1864 et 1867

    Dans l'édition récente Contes populaires et légendes du Pays basque, Presses de la Renaissance, 1978. Dans le chapître Moeurs, croyances et superstitions

     

     

    Qualités du bohémien d'après le texte : à charge :  fourbe, lâche, voleur, débauché, ivrogne, impudique, fainéants, associal, arriviste, inconséquent, mécréant, inconstant, veule, vénal, cruel

    Comparaisons, analogies aux animaux : "pourvoient à leur subsistance", "sa femelle prend un autre mâle", "leurs pensées ne s'élèvent pas au-dessus des besoins et des sensations naturelles", "jusqu'à supposer qu'ils mangeaient les restes de ceux d'entre eux qui vaient succombé"

    Nombre d'allegations peuvent aussi bien s'appliquer aux sédentaires.

    On devine des évènements récents qui ont marqué les esprits - l'épisode concernant la bohémienne en couche, par exemple, auxquels l'auteur donne valeur de règle.

     

    Que fait ce texte dans le recueil de Contes et légendes du Pays basque ? C'est essentiellement un pamphlet anti-bohémien, un texte ou le racisme affleure ainsi qu'un nationalisme au service des nanti,  qui vise à se défier des Tsiganes et par là de tous les modes de vie marginaux.

    Les contradictions y sont légion et non-mentionnées d'ailleurs ainsi que les erreurs sous forme de notes. Si bien qu'on pourrait croire à la lettre, les dires du conteurs comme authentiques et contemporains.

     

     

    Liens :

    * Le conte Trois frères pour le trône de roi des Tziganes : http://filsduvent.oldiblog.com/?page=lastarticle&id=1133021

    * Des idées reçues sur les Gitans et leur roi, sur les Gitans qu'on pense sans dieu ni maître, sur les bohémiens souvent assimilés à des voleurs de poules, sur la fainéantise des Tsiganes, de la saleté du Gitan, le savoir et l'intelligence des Tsiganes

    * Les Cinq sous des Bohémiens, conté par Jean-François Cerquand, autre extrait de l'oeuvre Contes populaires et légendes du Pays basque : http://filsduvent.oldiblog.com/?page=lastarticle&id=1511113

    * Cagots et Bohémiens de Francisque Michel : http://cgpa64.free.fr/cagots/13/139.HTM

     

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  • Commentaires

    4
    Cleo
    Samedi 20 Décembre 2014 à 18:30
    Cette lecture me heurte profondément, d'une part parce que je trouve que les descriptions sont celles d'un manque d'ouverture d'esprit et d'un "racisme" virulent. D'autre part, comme un descendant sur 4 de basques, effectuant ma généalogie, mon arrière-grand-mère était une bohémienne. En relation avec d'autres "chercheurs", j'ai pu établir une étude large sur plusieurs générations. A part, deux naissances de pères inconnus (et ce fait n'appartient pas exclusivement aux bohémiens), et un emprisonnement de 2 jours pour pêche sans permis, rien qui ne permette de se rapprocher du "jugement" porté dans le livre. Les descendants actuels dont j'ai retrouvé une majeure partie sont employés, cadres, élus de canton, et sont très étonnés, amusés de cette ascendance (sauf les élus pour qui c'est forcément une erreur). Bien sûr, comme dans toute société il y'avait des éléments perturbateurs (voleurs, ivrognes, etc). Je pense qu'à l'époque (comme aujourd'hui, on se méfie de ce que l'on ne connaît pas et qui ne nous ressemble pas. C'est d'ailleurs le malheur de notre société mais la nature de 'homme est ainsi faite et c'est par 'l'éducation qu'une amélioration pourrait être apportée, mais ceci serait un long débat.
    3
    Caillie Profil de Caillie
    Jeudi 30 Septembre 2010 à 23:11
    Il faut en conclure que c'était un racisme notoire et que sa réflexion n'allait pas très loin. Une justice au service des riches, on a des exemples contemporain en France. On n'a pas tellement évolué par endroits.
    2
    Phil
    Dimanche 26 Septembre 2010 à 20:43
    Francisque Michel a écrit de très intéressants ouvrages, que ce soit sur l'histoire du port de Bordeaux, ou sur celle des "Races maudites de france et d'Espagne", où il prenait manifestement la défense des Cagots ( l'équivalent des intouchables en Inde) en racontant leur terrible histoire.

    Mais il ne prend pas la défense des Bohémiens et se réjouit de l'expulsion vers l'Afrique des Gitans du Pays Basque.
    Que faut-i l en conclure ?
    1
    Débla
    Lundi 23 Mars 2009 à 21:05
    Cette lecture que je ne connaissais pas me laisse pantelante.
    Sans faire d'angélisme je préfère nettement les mots de Gustave Flaubert dans une lettre à Georges Sand , ça correspond bien mieux aux Bohémiens que je connais, qu'ils soient Rôm ou Gitans.
    Gustave Flaubert, dans une lettre à George Sand, écrivait :


    "Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s'étaient établis à Rouen. Voilà la troisième fois que j'en vois, et toujours avec le même plaisir. L'admirable est qu'ils excitaient la haine des bourgeois, bien qu'inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols, et j'ai entendu des jolis mots à la Prudhomme. Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de très complexe. C'est la haine que l'on porte au bédouin, à l'hérétique, au philosophe, au solitaire, au poète, et il y a de la peur dans cette haine. Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m'exaspère."

    De Débla, le 23/03/2009
    http://comme-une-voile-au-vent.over-blog.com/
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