• Mariage romantique des Zingares (Zingari) Koushites en 1885 à Montreuil-Bellay

    Danse des Tsiganes dans le pré

    Photographie tirée du livre Sur les traces des derniers nomades, Hachette, 1962

     

     

    Le mariage Zingare koushite selon Alphonse-Louis LALLY

     

    Voici, selon l'ordre chronologique, comment s'est déroulé le mariage dans le roman d'Alphonse-Louis LALLY, Hakkini Bougouri, 1930.

     

    Au cours d'une partie de pêche organisée, le père de la prétendante mis au fait des volontés conjointes  de son fils adoptif, un gadjé récupéré sur la route, et de sa fille de s'unir, rappelle à son futur gendre les valeurs morales inhérentes à un bon mariage et interroge le jeune homme sur son aptitude à construire un foyer heureux.

    Cette formalité réalisée, le père autorise le soir même le Baiser des fiançailles devant le clan assemblé. "Ce baiser vous liera pour jamais et l'infidelité à la foi jurée chez nous est toujours sévèrement punie." Page 82

    Les fiançailles durent 12  mois. Période durant laquelle Hakini, le prétendant doit aider la jeune femme Maïne au surnom de la Zoraiya (étoile du matin), à se garder sans reproche et sans tache.

    **********

    Les 12 mois se sont écoulés lorsque le douze juillet 1885 le mariage se prépare à Montreuil-Bellay (49).

    Les roulottes sont arrivées la veille et se sont installées dans un pré que les Zingares Koushites connaissent. De bon matin, le brigadier de gendarmerie Mignot est dépêché pour contrôler que l'installation est en règle. Et en effet, les Bohémiens avaient acquité le prix de leur location de 50 francs au propriétaire du pré. Le brigadier apprend en outre que les 40 roulottes sont réunies pour les célebrations d'un mariage.

    Tout le monde s'active pour nettoyer le harnachement des "chevaux enrubannés ou fleuris". Le nettoyage des roulottes, disposées en arc de cercle non tendu parallèlement à une haie vive, est du ressort des femmes.

    Une délégation qui comprend le futur mari, se rend en ville (Saumur) pour acheter "la pâtisserie et les liqueurs".

    Les cadeaux pour  les mariés :

    - la roulotte des mariés, cadeau du chef et père de la mariée

    - le mobilier, offert par la "mama"

    - un cheval offert par le fils aïné du chef, le beau-frère Képens

    - le trousseau ainsi que les bijoux offerts par la tante de Maïne

    - la toilette nuptiale et les couverts en argent apporté par les cousines dont Mina

    - Fleurs et parfums "indispensables à tout mariage Zingare" du fait de la cousine Michaëla

    - 500 pistoles en or des proches parents

     

    De jeunes filles décorent la roulotte nuptiale "présumé tombeau de la vertu de la Zoraïya". "La main des vierges ayant seule qualité pour placer les plantes décoratives et les fleurs". Page 126

    Les plantes décoratives : lierres, buis, houx, oeillets blancs, roses trémières.

    La mariée a pris un bain prolongé dans la rivière. Les coiffeuses "débroussaillent la masse capillaire qui sèche sur ses épaules et jusques à terre."

    Le soir vient, puis la nuit. Le son du cor retentit soudain. C'est la vieille Hogar, la doyenne du groupe, qui, juchée sur le toit de sa roulotte, invite chacun à se rapprocher des tables.

    Les serveuses distribuent fourchettes, plats de fer battu, gobelets d'étaim, chauteaux de pain.

    L'épouse apporte à l'époux les éléments du premier service à eux destinés. La coutumes permet à la femme de manger avec son mari les soirs d'épousailles zingares.

    "Les célibataires, les veufs, les isolés sont servis par celle qui n'ont pas ou plus charge d'époux."

    Le repas a alors lieu.

     

    A la fin, "une minute de profond recueillement" réunit les participants, et, sur un signal donné par le chef, l'hymne istarien est entonné.

    - A l'épouse, il est rappelé à la mariée que celle-ci doit obéissance, fidelité, dévouement à son époux.

    - Au mari, chef de la nouvelle famille, "il est recommandé d'aimer, de protéger, de guider dans le dur sentier de vie" la nouvelle mariée.

    Une fois l'hymne terminé, les assistants se lèvent et un long cri de "longue et heureuse vie aux enfants de Marius "(chef du clan), retentit par 3 fois.

    Le soleil se lève. La musique est proposée aux convives. Les instruments se composent comme suit : violons, violoncelles, cithares, flûtes, une harpe, un basson.

    Les mariés ouvrent la danse en compagnie des témoins.

    A minuit, c'est le Coucher de la mariée, "dernière et significative phase des noces zingares".

    Les proches des époux se dirigent vers la roulotte nuptiale dont ils gagnent le balcon, afin de préparer "l'Appel de l'épouse à l'époux".

    Avant de monter l'escalier vers sa future demeure, la mariée demande à son père "la permission de monter". Le père refuse puisque cette roulotte a été construite pour acceuillir un couple et non une personne seule. La mariée supplie alors et s'en remet à Ishtar : c'est pour se préparer et appeler son époux. Le père obtempère alors, s'en remettant également à la déesse.

    Parvenue en haut de l'escalier, on aide la Zoraïya à venir à bout du symbolique ruban bleu jusqu'à ce qu'il cède et qu'elle puisse pénétrer à l'intérieur de la roulotte.

    Maïne, "suivie de sa mère" entre enfin chez elle. Les autres rejoignent les parents proches et attendent "l'apparition de l'épouse au balcon de sa demeure fleurie".

    La mère, à son tour, abandonne la jeune mariée.

    La mariée apparaît vêtue d'un "léger vêtement d'amour", mousseline ou tulle transparente qui voile à peine les beautés de la vierge.

    "Avançant sur ses babouches, logeant ses pieds nus et parfumés, la belle Zoraïya lentement détache l'autre ruban bleu qui lui ceint la taille et qui crie sa vertu". Elle le roule sur son doigt, puis le laisse tomber à ses pieds.

    La jeune Koushite dit à tous qu'elle attendait l'amour.

    Le marié souhaite ensuite la bonne nuit à tout le monde...

     

     

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  • Commentaires

    1
    visiteur_petite mano
    Mercredi 3 Mai 2006 à 11:04
    un mariage tzigane ca doit etre magnifique , je suis une voyageuse et j'ai jamais fait de mariage gitan , quelle dommage , enfin c'est pas grave , je me rattraperais plus tard quand je vivrais en roulotte
    2
    roulotte
    Lundi 22 Novembre 2010 à 18:58
    Super, je suis très agréablement éttoné par ce récit!
    Je suis propriétaires des roulottes du film de Tony Gatlif: Liberté mais aussi de 10 autres dans mon petit musée du Gard.
    J'aimerai y organiser des mariages...
    Pouvez vous m'aider?
    Latcho drom d'un gadgé addicte aux roulottes
    Pierre
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