• Tsiganes dans la seconde partie du XXe siècle

    Les Tsiganes dans la seconde partie du XXe siècle, avant la partition de la Yougoslavie 

     

     

    Carriole de Tsiganes - Roumanie

    Cariole de Tsiganes en Roumanie

     

     

     

                   S'il reste très peu de Juifs en Europe centrale, les Tsiganes y sont toujours nombreux : au moins un million et demi, au plus deux millions et demi, selon les estimations. Le flou des chiffres tient sans doute au caractère itinérant - donc rebelle aux recensements - des Tsiganes, mais surtout au mélange de pudeur statistique et de mépris à peine déguisé dont les autorités des divers pays concernés font preuve à leur égard.

          Quoi qu'il en soit, les Tsiganes - que les Nazis projetaient d'anéantir comme les Juifs - ont survécu. Outre qu'ils étaient moins saisissables que ces derniers, très sédentaires, leur recherche ne fit pas l'objet d'une priorité absolue. De plus, beaucoup d'entre eux se trouvaient dans des pays non directement soumis aux autorités allemandes (Hongrie, Roumanie...)

          Depuis 1945, les Tsiganes ont été l'objet d'une attention particulière, de la part de la communauté scientifique s'entend. Les études menées dans divers pays ont sérieusement remis en cause l'idée longtemps reçue d'une origine unique quelque part en Inde, suivie d'une migration vers l'Europe au Moyen Âge. Les linguistes ne s'accordent plus sur ce point. Les Tsiganes n'en forment pas moins, aujourd'hui comme hier, un groupe ethnique particulier dont la langue, purement orale,  se nomme romani (d'où vient "romanichel") ; son dialecte le plus usuel en Europe est dit vlach (de Valachie) tandis que les Tsiganes eux-même y sont couramment appelés Roms.

          Les minorités les plus importantes se situent aujourd'hui en Roumanie (on avance le chiffre - invérifiable - de un million, surtout en Valachie), en Hongrie (320 000), en Tchécoslovaquie (300 000), en Yougoslavie (180 000), en Bulgarie (150 000 environ). La présence des Tsiganes pose de considérables problèmes sociaux aux autorités hongroises et roumaines car ils constituent de plus en plus un prolétariat misérable sédentarisé dans les banlieues les plus démunies des villes. Or les événements de 1989 ont montré le risque - en particulier en Roumanie - de les voir apparaître comme boucs émissaires en cas de difficultés politiques ou économiques. A cet égard, la disparition des Juifs les place aujourd'hui en première ligne.

     

    André & Jean Sellier, Atlas des peuples d'Europe Centrale, Éditions La Découverte, 1993

     

    Liens :

    Vers le Samudaripen, génocide des Tsiganes d'Europe par le Régime nazi

    Vers l'onglet Histoire du site Fils du vent sans pays

    Si la théorie de l'origine des Tsiganes est remise en cause...

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