• Tzigane, je n'attendrai pas que tu me répudies, par E. Reinhardt

     

     

    Tzigane, je n'attendrai pas que tu me répudies

     

     

     

    Le regard de l'autre
    Qui sur moi se pose
     Me remet en cause
    Je ne suis plus qu'une ombre

    L'ombre d'un corps fané
    Qui cent fois s'est donné
    Aux hommes respectés
     De leurs épouses lassés

    Laissant l'amer goût
    De ce que j'avoue
    Ne pas aimer du tout
    En moi plus que moi-même

    Même si leurs fantasmes
    Ont damné leurs âmes
    M'ont fait rire aux larmes
    Maudits soient ces instants

    Tant de sueurs, trop
    Ont noyé ma peau
    De jeunes, des pas beaux
    Criant « c'est bon maman »

    Maman j'ai passé
    Des nuits a chasser
    Cette réalité
    Mais mes mains sont trop pleines

    Pleines d'argent honteux
    Ce qui est trop peu
    Que puis-je faire de mieux
    Que ce que j'ai appris ?

    Prise dès mon enfance
    Par les gestes étranges
    De ce père étrange
    Me prouvant son amour

    Amour que je vend
    En besoin pressant
    Vivant ce tourment
    Si morte depuis longtemps

    Temps qui s'est perdu
    A grand coups de massue
    Cette vie corrompue
    Qui me regarde en face

    Face qui me répugne
    Je part pour la lune
    Adieu l'amertume
    De ce monde nocturne

     

    E. Reinhardt

    Difficile de ne pas se perdre, oui...

     

    Des mots lourds de sens. Le soleil n'est pas chaud pour tout le monde sous la voûte du ciel, alors, peut-être sur la Lune... Denis

     

    Liens :

    * La prostitution chez les Tsiganes, un tabou : http://filsduvent.oldiblog.com/?page=lastarticle&id=1186200

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  • Commentaires

    3
    Stelle
    Dimanche 27 Octobre 2013 à 21:12
    Et au fait, ce n'est pas "Ont damné leurs âmes" ci dessus, mais "A " (comme avec un accent grave) damner leurs âmes"!
    2
    Stelle
    Dimanche 27 Octobre 2013 à 21:06
    J'ai retrouvé ça: Dimanche 2 mars 2008 QUEL DROLE DE ZOISEAU Il se connecte en sens interdit et bien que je respecte ce que le code dit De temps en temps je tente, il me répond car très poli Son écriture savamment abrégée n'a rien à envier aux accrocs du clavier Si je suis trop lente un momento, il m'envoit un escargot Il se prend pour un ourson c'est vrai que c'est très mignon Oui mais oursin ça lui va bien et puis c'est tellement plus vilain Il annonce un truc flippant je ne vous dis pas ça jette un blanc soucieuse j’lui dit « c'est quoi ce truc ? » lui l'air de rien répond « où ça? » ( le truc) Style j'suis timide mais j'me soigne, s'il veut dire merde c'est avec poigne 23h30 il dit « bonne nuit » pas très solide ce petit Il me fait répéter mes phrases, les joues rougies sur un rond jaune Quand il craint de m'avoir blessée, il précise que c'était pour m'embêter Il reconnaît des membre de sa famille, dans les visages de ma famille Il continuait et on se retrouvait cousins, je n'ai pas de rime à part coin-coin Il arrive qu’il dise des choses que je ne comprends qu'à petite dose épuisée je le relis, tout s’éclaircit et puis j'en ris Son chat de garde c'est Grisouris et bien oui un chien ça fait trop de bruit J'voudrais passer ma main au travers de l'écran, pincer sa bouche de garnement Ne lui donnez jamais d'alcool à boire ou le grisli se ferait voir Oh moi j'en ai pris bonne note, histoire de ne pas voir ses quenottes Avec audace, à coups de mots d'images il défend l'opprimé L’intervenant pas toujours drôle il le laisse s'exprimer Son pseudo le prédestine à s'envoler, à voyager Comme un tchavo von vinta comme un oiseau qui cherche la liberté ! par Estelle Reinhardt Merci de ce portrait/hommage très très ressemblant, Stelle. Je te fais un michto tchoum à la Robert Mitchum. Tu es à la merci de mes interventions bizarres mais aussi de mes coups de griffe. C t'ainsi. Biz aux choupinettes Commentaire n° 1 posté par caillie le 02/03/2008 à 22h13
    1
    visiteur_Raphaël Zac
    Lundi 7 Janvier 2008 à 00:49
    UNE ETOILE VAGABONDE

    (Histoire vraie d'une rencontre, un jour dans le train...)

    Chère passagère,

    Je n?ai pas osé vous adresser la parole tout à l?heure dans le train, je le fais ici même si je sais que ces mots ne vous parviendront jamais. Le Ciel les recevra peut-être pour vous, emportés par le vent. Ou par le silence.

    Je vous ai vu arriver avec vos trois ivrognes de compagnons, prenant place tous quatre sur les seuls sièges encore libres, juste à côté de moi? Une femme, vieille bourgeoise effarouchée, a changé de wagon. Au début moi aussi je craignais un peu la proximité de cette troupe de va-nu-pieds que vous étiez. Vous fumiez tous quatre dans ce compartiment non-fumeur, vos deux chiens galeux étaient sous les sièges mais surtout, surtout vos allures bohèmes m?effrayaient?

    On n?entendait plus que vous quatre dans le wagon. Ce dernier vous emmenait à Laval. Là-bas ou ailleurs... Quelle importance pour vous, me semblait-il ? Très vite je vous trouvais amusants, folkloriques en dépit de la peine que me faisaient deux d?entre vous, ravagés par l?alcool.

    Je devinais sans peine qu?aucun de vous quatre n?avait de billet. Tout le monde dans le wagon le devinait. Vous n?aviez pas des têtes à posséder des titres de transport. Vous étiez quatre espèces de SDF, quatre squatters de belle humeur, quatre enfants de Bohème. Bruyants mais joyeux.

    Cette bande pittoresque attirait tous les regards. Les yeux du compartiment entier étaient braqués sur les trois hommes et la jeune fille. Et c?était la jeune fille que j?avais en face de moi. Cette passagère, c?était vous.

    Nous avons croisé nos regards. Vous étiez belle avec votre visage un peu garçon. Vos traits étaient durs, ambigus, et votre regard était à la fois doux et rude. J?aurais voulu engager la conversation avec vous, mais un rien de bienséance m?interdisait de vous adresser la parole. C?était ridicule, mais j?avais de l?éducation.

    J?étais attentif aux propos d?ivrognes que vous échangiez avec vos trois compagnons, tant votre langage était cru : quand vous parliez, c?était comme si la rose crachait du fumier. Un vrai charretier en robe blanche. Une canaille avec un visage d?ange. Mais quand vous ne parliez pas, c?était l?enchantement. Avec vos yeux pleins de braise et de rocailles, vos allures d?oiseau sauvage, votre charme d?androgyne, je vous imaginais princesse au royaume des garçons manqués.

    Le contraste était grand entre vos manières grossières, votre parler infâme, les trois pauvres diables qui vous accompagnaient, et la délicatesse de votre visage, l?angélisme de vos traits, le mystère de votre regard. Vos ailes blanches mêlées de vase avaient des grâces vénéneuses : la vaurienne qui me faisait face était troublante.

    Avez-vous lu ce trouble dans mon regard ? Le plonger dans vos yeux était un étrange supplice, et j?étais à la fois effrayé et ravi de le faire. Ces braises permanentes dans vos prunelles devenaient mon plus cher enfer.

    Le diable était irrésistible.

    Vous étiez belle comme le vent, la brume et la pierre : la douceur de votre visage se mêlant à cet air si dur vous donnait un charme naturel et sauvage. Et vous étiez belle également comme la tempête, la grêle et les cailloux. Belle, ainsi qu?une Vénus fine taillée dans un roc grossier.

    Vous donniez du «Monsieur» pour me demander si la fumée de votre cigarette ne me dérangeait pas. Sans surprise, je vous ai répondu que non. Alors que oui? Et puis je vous ai souri, policé. Le train s?est arrêté avant Laval, je suis descendu.

    Je n?oublierai jamais ce cygne sauvage croisé dans le train, accompagné de ces trois lascars au vol ras. Adieu, oiseaux de malheur. Adieu, la passagère.

    Raphaël Zacharie de Izarra
    raphael.de-izarra@wanadoo.fr
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