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Soutien et encouragement aux peuples nomades. Ici on croque la culture des Voyageurs, Roms, Gitans, Tsiganes, Manouches, Romanichels, Yéniches, Sintés, Bohémiens, etc.

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Bohémiens, chanson de Béranger

 

LES BOHEMIENS

 

De la belle bd ou je ne m'y connais pas ! gallymathias.blogamoi.com

 

 

Sorciers, bateleurs ou filous,

Reste immonde

D'un ancien monde,

Sorciers, bateleurs ou filous,

Gais bohémiens, d'où venez-vous ?

 

D'où nous venons ? L'on n'en sait rien.

L'hirondelle

D'où nous vient-elle ?

D'où nous venons ? L'on n'en sait rien.

Où nous irons, le sait-on bien ?

 

Sans pays, sans prince et sans loi,

Notre vie

Doit faire envie.

Sans pays, sans prince et sans loi,

L'homme est heureux un jour sur trois.

 

Tous indépendants nous naissons,

Sans église

Qui nous baptise ;

Tous indépendants nous naissons

Au bruit du fifre et des chansons.

 

Nos premiers pas sont dégagés,

Dans ce monde

Où l'erreur abonde,

Nos premiers pas sont dégagés

Du vieux maillot des préjugés.

 

Au peuple, en butte à nos larcins,

Tout grimoire

En peut faire accroire.

Au peuple, en butte à nos larcins,

Il faut des sorciers et des saints.

 

Trouvons-nous Plutus en chemin,

Notre bande

Gaiement demande,

Trouvons-nous Plutus en chemin,

En chantant, nous tendons la main.

 

Pauvres oiseaux que Dieu bénit,

De la ville

On nous exile ;

Pauvres oiseaux que Dieu bénit,

Au fond des bois pend notre nid.

 

A tâtons l'amour, chaque nuit,

Nous attelle

Tous pêle-mêle ;

A tâtons l'amour, chaque nuit,

Nous attelle au char qu'il conduit.

 

Ton oeil ne peut se détacher,

Philosophe

De mince étoffe,

Ton oeil ne peut se détacher

Du vieux coq de ton vieux clocher.

 

Voir c'est avoir. Allons courir !

Vie errante

Est chose enivrante.

Voir c'est avoir. Allons courir !

Car tout voir c'est tout conquérir.

 

Mais à l' homme on crie en tout lieu,

Qu'il s'agite,

Ou croupisse au gîte ;

Mais à l'homme on crie en tout lieu :

"Tu nais, bonjour ; tu meurs, adieu."

 

Quand nous mourons, vieux ou bambin,

Homme ou femme,

A Dieu soit notre âme !

Quand nous mourons, vieux ou bambin,

On vend le corps au carabin.

 

Nous n' avons donc, exempts d'orgueil,

De lois vaines,

De lourdes chaînes ;

Nous n' avons donc, exempts d'orgueil,

Ni berceau, ni toit, ni cercueil.

 

Mais, croyez-en notre gaîté,

Noble ou prêtre,

Valet ou maître ;

Mais, croyez-en notre gaîté,

Le bonheur c'est la liberté.

Oui, croyez-en notre gaîté,

Noble ou prêtre,

Valet ou maître ;

Oui, croyez-en notre gaîté,

Le bonheur c'est la liberté.

 

 

Chanson admirable de Pierre-Jean de Béranger. Elle est chantée sur une musique traditionnelle (l'air de Mon père m'a donné un mari)

La chanson de Béranger traduit la peur mais également la fascination qu'inspirent les Bohémiens à la société du XIXe siècle. (site Tinyflea.free.fr)

Cette chanson a servi de prétexte à Auguste Barbier dans son "récit de voyage" Une scène de Bohémiens (1834) pour illustrer ses désacords avec Béranger, en particulier sur la gaîté, le bonheur et la liberté des Bohémiens.

 

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