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Ces Barbelés oubliés par l'Histoire. Un camp pour les Tsiganes et les autres. Auteur : Jacques Sigot Editeur : Wallâda (5, rue Defabritis 13110 Port-de-Bouc), collection Cheminements
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Camp de Montreuil-Bellay (49)
Jacques Sigot se déplace pour donner des conférences. Chaque fois ont lieu des diaporamas : le rejet des Tsiganes en France du XVe au XXe siècle, les camps d'internement pendant la Seconde Guerre Mondiale. (Voir plus loin son actualité)
Biographie
Né fin janvier 1940, l’auteur passa ses premières années, marquées part la mort de sa mère, à Boiscommun, près d’un autre camp de nomades, celui de Beaune-la Rolande.
Puis il se trouva très tôt jeté dans la vie. Dès l’âge de onze ans, il suivait les batteuses, l’été, sur la plaine beauceronne, berceau de ses deux familles, pour aider à payer les frais de la scolarisation des autres enfants.
Entré en 1956 à l’Ecole Normale d’Instituteurs d’Orléans, il dut en changer pour une autre, dans l’Oise, où il échoua plusieurs fois, volontairement, au baccalauréat, refusant ainsi de se battre en Algérie.
Il devint néanmoins instituteur, et vécut en autodidacte une période de poésie, dont témoigne aujourd’hui un recueil.
Ce fut ensuite, au lieu du service militaire, la coopération (1966) et, dit-il, « la découverte passionnée d’une autre civilisation que la France a voulu moderniser par ignorance ou par suffisance ».
Retour enfin au pays (1973), dans l’Anjou rencontré et aimé treize années plus tôt.
Après cette longue errance à la recherche d’une identité, la publication de deux ouvrages régionalistes, Jacques SIGOT s’attache ici aux pas des Gens du Voyage que la guerre avait cloués un jour dans la ville où lui-même a jeté l’ancre : MONTREUIL-BELLAY.
L’originalité de l’ouvrage et son mérite ont consisté à faire parler les témoins survivants d’une histoire tragique. Le travail de Jacques SIGOT est imprégné d’une tendresse humaine profondément émouvante et vraie. Grâce à lui défilent devant nous la détresse, la médiocrité et la générosité humaines confondues. La leçon qui se dégage de son livre est claire : c’est une leçon de tendresse pour l’homme quel qu’il soit, une leçon pour plus de respect et plus d’amour envers tous sans exception. C’est aussi une mise en garde adressée aux technocrates et administrateurs qui, quels que soient les régimes, ne mesurent pas, même lorsqu’ils sont de bonne volonté, les conséquences des mesures qu’ils prescrivent apparemment dans l’intérêt général.
- Note de lecture par Gilbert GARRIER.<o:p></o:p>
- Paru dans Cahiers d’histoire, numéro 1997-2.<o:p></o:p>
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« Même s'il n'émane pas d'un universitaire rompu à toutes les règles de la recherche et de l'écriture historiques, cet ouvrage force la sympathie par sa véracité - archives et témoins - et parce qu'il brise un mur de silence. Dès l'automne 1941, le gouvernement de Vichy enferme ses " nomades ", tziganes, simples commerçants ambulants ou clochards citadins, dans des camps dits " d'internement " puis de " concentration ". Ainsi à Montreuil-Bellay, près de Saumur, sous la surveillance de vieux gendarmes et de jeunes " gardes civils " qui échappent ainsi au STO. Bien traités - vie en famille, assistance médicale, scolarisation sur place des enfants -mais très mal nourris- décès des vieillards -, ils ne sont pas livrés aux Allemands qui d'ailleurs ne les réclament pas et ne pénètrent jamais dans le camp. Ils se dispersent en août 1944 à la faveur des bombardements. Leur succéderont pour une année, de janvier à novembre 1945, des civils allemands transférés de Lorraine et d'Alsace. La concentration des indésirables est bien une affaire française sous tous les régimes. »
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Le Jacques SIGOT de Matéo MAXIMOFF (à l'inauguration de la stèle de Méron)
Le 16 janvier [1988], en compagnie de Provot et Deltol, responsables des Études Tsiganes, nous faisons route vers Montreuil-Bellay pour assister à l'inauguration d'une stèle élevée sur le lieu d'internement où, pendant la guerre, de nombreux Tsiganes furent enfermés. Cette manifestation est due à l'initiative de Sigot, grâce aux démarches qu'il a faites, suite à la parution de son livre " Un camp pour les Tsiganes et les autres ". Admirable discours de sa part. Musique militaire. Présence de personnalités civiles et d'autres de l'armée ; presse et radio se sont déplaçées de même que quelques survivants autrefois internés dans ce camp.
Page 364, Matéo Maximoff in Matéo Maximoff - Carnets de Route par Gérard Gartner
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Jacues SIGOT vu par lui-même :
Qui suis-je ?
Jacques Sigot, un ancien instituteur passionné par l'Histoire qui a voulu lui jouer un vilain tour...
Ajout du mercredi 2 août 2017 à 02 h 50 du matin
Quelques importants événements ont influencé tout le cours de ma vie. - le décès, non naturel, en mai 1942, de ma mère. J'avais deux ans ; deux remariages de notre père, presque aussitôt après son veuvage, m'ont quasiment interdit au départ toute vie sereine de famille normale. - de 12 à 18 ans, je travaille tout l'été à la batteuse : longues et pénibles journées dans le bruit et la poussière, mais un salaire important, celui d'un adulte, comme "chef de presse", me permet d'assumer matériellement seul - et grâce à une bourse qui s'ajoute- toutes mes années scolaires. - à 16 ans j'entre à l'école normale d'instituteurs d'Orléans, après mon succès au concours d’admission. Pour la première fois, la perspective d'une vie idéale et sécuritaire ; mais c'est aussi la découverte de la culture, de la liberté. - à 19 ans, je suis embauché tout l'été chez un entrepreneur de maçonnerie d'Orléans où nous habitons : travail moins pénible que la batteuse, et plus varié. - à 19 ans encore, je découvre une riche passion amoureuse dévorante... mais illégitime, qui bouleverse complètement ma vie. Je suis chassé de l'école normale d'Orléans le 12 mars 1959, et envoyé dans celle, disciplinaire, de Beauvais. La plus haute, mais inachevée, cathédrale gothique du monde. Nouvelle passion amoureuse, cette fois légitime, mais vite interrompue par la très (trop ?) jeune normalienne renseignée par une consœur sur mon passé peu orthodoxe... - A 19 ans toujours, surprenants exploits sportifs en athlétisme. Le directeur de l'école normale vient même me voir courir un 1000 m aux championnats de France universitaires à Paris, au stade Charléty. Courir en junior, puis en sénior, sur de très longues distances, parfois avec Mimoun, Chiclet, comme au cross de la Faïencerie de Gien (Loiret). - De 1960 à 1966, échecs volontaires chaque fois que je me présente aux épreuves du baccalauréat - pour bénéficier de sursis qui me permettent d'échapper au départ obligatoire pour la guerre en Algérie. Je suis d'abord, sans diplôme, pion d'internat dans le cours complémentaire de Méru, dans l'Oise - dans le souvenir, l'année la plus sinistre de mon existence -, puis j'enseigne dans différentes écoles de ce département de rattachement, comme "suppléant éventuel", pour remplacer des maîtres malades ou absents.
- Eté 1966, nommé au titre de la coopération culturelle qui vient d'être instituée par de Gaulle, et qui remplace le service militaire !, je pars pour Meknès, au Maroc, afin d'enseigner dans un nouveau collège de jeunes filles. J'y reste pendant sept années : m'y marie en 1967 avec la jeune fille rebelle de l'école normale de Beauvais, venue pour me revoir. Elle se fait nommer à Meknès en 1968 pour m'y rejoindre.
J'apprends l'arabe dialectal, étudie l'histoire du pays, et l'islam, fais du théâtre au Centre culturel français, dirige le ciné-club de "ma" grande métropole arabo-berbère...
- Eté 1973, retour en France où nous nous installons à Montreuil-Bellay, jolie petite ville de l'Anjou ceinte de remparts - comme l'était Meknès. Nous habitons une vieille demeure angevine ruinée que nous faisons progressivement bien restaurer. Je suis nommé instituteur - maintenant titulaire - au Coudray-Macouard, ravissant village médiéval bâti sur butte entre Montreuil-Bellay et Saumur. Mon épouse est alors professeur agrégée de français dans le lycée public de Saumur, sous-préfecture du Maine-et-Loire.
Le 23 décembre 1977, veille du décès de Charlie Chaplin, naît à Angers, Jenny, notre fille unique. Elle effectuera de longues études de langues, terminées en Suisse où elle s'installera et où elle travaillera comme interprète de conférence. Elle se mariera avec un Suisse alémanique à qui elle donnera deux enfants : Adrien, puis Sonia. Ils vivent tous les quatre à Zürich "capitale" germanophone ; pour nous, le "nombril" du Monde. Pour moi, toujours la passion des livres : en écrire et en lire...
(Vu sur son site en date du 22/12/2019)
Dernière mise à jour : le 22/12/2019
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